Fiche Ichtyologique : Le Silure Glane
- Emilien Feron
- 29 oct. 2021
- 4 min de lecture

En fouillant dans mes affaires, j'ai retrouvé mes vieux cours d'aquaculture. Peu nostalgique mais toujours curieux, je me suis mis a les parcourir rapidement quand soudain je suis tombé sur une fiche détaillée sur le silure.
Je me suis dis que ca plairait à certains d'entre vous d'en savoir un peu plus sur "la bête", j'ai donc remis à jour certaines données et illustrations mais voici la fiche . Bonne lecture !
Silure glane
Silurus glanis
Règne : Animalia Embranchement : Chordata – Sous embranchement : Craniate / Vertébré Classe : Actinopterygi – Sous Classe : Neopterygi – Infra classe : Teleostei Ordre : Siluriformes Famille : Siluridae Genre : Silurus Espèce : Silurus glanis Linné, 1758
MORPHOLOGIE
Le corps du Silure glane est allongé, large et trapu dans sa partie antérieure, aminci et comprimé latéralement dans sa partie postérieure, sans ligne latérale visible. Sa peau ne présente pas d’écailles mais est recouverte d’un abondant mucus.
Sa tête massive, large et aplatie avec 2 petits yeux peut représenter jusqu'à 30 % de son poids total. La bouche très large est pourvue de lignes de dents petites et nombreuses, semblables à de fines pointes très tranchantes. Elle lui permet d'engloutir de grosses proies et de les maintenir fermement. Elle porte six barbillons : deux longs, et mobiles, sur la mâchoire supérieure, et quatre courts sur la partie inférieure de la tête. Ceux-ci sont pourvus de « bourgeons gustatifs » qui lui permettent de localiser ses proies.
Les nageoires sont au nombre de sept : deux pectorales très larges, deux ventrales légèrement moins larges, une nageoire dorsale minuscule (de texture adipeuse), une nageoire ventrale très longue partant de l'orifice anal jusque la nageoire caudale. Il peut créer un tourbillon à l'aide de celle-ci dans le but de désorienter, ou assommer sa victime qu'il peut ensuite avaler.

TAILLE ET CROISSANCE
La taille varie d’un à deux mètres le plus souvent, mais le silure peut atteindre jusqu'à 2,75 m, pour un poids de plus de 130 kg.
Même si le record du Monde est aujourd’hui établi à 2m80 et le record de France a 2m74, ces chiffres évoluent d’année en année.
L’Ichtyologiste Francis Willughby mentionne au xviie siècle des silures dépassant les 5 mètres pour un poids de 330 kg dans le Danube et la Volga (Europe de l’Est), ce qui en faisait vraisemblablement la plus grande espèce de poissons d'eau douce au monde.

REPRODUCTION
Cette espèce ne se reproduit que si la température de l’eau est stable entre 18 et 21°C, soit environ de mi-Mai à mi-Juin.
La parade nuptiale a lieu le soir ou à l'aube. Le silure fraye en couple, les œufs sont déposés dans un nid préparé à l'avance, que le mâle défendra farouchement contre tout intrus durant l'incubation, soit une dizaine de jours . Le nombre d'œufs est fonction du poids de la femelle, on compte de 20 000 à 26 000 œufs par kilogramme. Une femelle de cent kilogrammes peut pondre jusqu'à 2 600 000 œufs.
Les mâles arrivent à leur maturité sexuelle dans leur 3e ou 4e année. Les femelles sont plus tardives et ce n’est que vers leur 5e ou 6e année qu'elles arrivent à leur maturité sexuelle.

HABITAT
Le Silure fréquente les eaux calmes, profondes et turbides des rivières et des fleuves et des grands lacs (zone à brème). Il apprécie particulièrement les eaux boueuses sur fonds mous, vaseux et de préférence encombrés par des bois morts immergés au sein desquels il aime à se réfugier. Il manifeste une activité crépusculaire et surtout nocturne.
Depuis les années 2000, des études de télémétrie puis d'analyse stomacale ont permis de mieux connaitre les habitats qu'il explore ou utilise pour s'alimenter. Elles montrent que ce poisson s'adapte facilement à tout type d'habitat pourvu que l'eau y soit assez chaude en période de reproduction (condition atteinte en Europe du Nord en été) et assez riche en nourriture.
Il vit généralement près du fond, sous les troncs et branches d'arbres tombés à l'eau ou près des berges où il se cache dans l'attente d'une proie.

RÉGIME ALIMENTAIRE
C'est un poisson carnassier opportuniste. Il peut consommer une grande variété d'espèces de poissons et parfois d'autres animaux vivant dans l'eau ou au bord de l'eau, pourvu qu'il soit capable de l'avaler. Il consomme essentiellement des poissons, mais aussi de mollusques, de crustacés, ainsi que d'oiseaux d’eau et de mammifères aquatiques. Le silure peut être un grand consommateur d'écrevisses ou de poissons chats si ces populations sont bien présentes.
Entre deux prises alimentaires, le silure passe un certain temps l'estomac vide, mais plus ou moins fréquemment selon le milieu.
Il consomme aussi des vers ou des insectes et occasionnellement des amphibiens. Le silure peut être considéré comme un super-prédateur se nourrissant parfois d'autres prédateurs (brochets, sandres, perches...ect) pouvant mesurer jusqu'au tiers de sa propre taille, bien que ceux-ci ne constituent qu'une faible part de son alimentation.
De gros sujets peuvent ingérer des poissons de plus de 5 kg.
Fréquemment, en été, lors de fortes chaleurs et peut-être par manque d’oxygène, les mollusques du genre Corbicules meurent, sortent de leur coquille et remontent en surface, ils deviennent un mets de choix pour le silure, qui apprécie aussi d'autres moules d'eau douce comme les anodontes .

COMPORTEMENT
Le silure est grégaire et territorial. Les jeunes silures se déplacent souvent en groupes de trois à quatre individus (et d'autant plus que le nombre d'individus est élevé sur un site). L'adulte est agressif envers les intrus s'il se sent en danger et il est très protecteur envers sa progéniture, il attaque tout intrus s'approchant trop près de son nid en période de reproduction
Il passe la majeure partie de la journée en groupe, indolent près du fond, ou protégé sous les arbres ou branches.
Il s'active plutôt au coucher du soleil, à la recherche de toute nourriture jusqu'au crépuscule. L'adulte chasse alors pour lui seul, mais la chasse peut être faite en groupe. Il peut aussi chasser en journée si son attention est attirée par un poisson ou un oiseau imprudent ou montrant des signes de faiblesse sur son territoire.

VALEUR ALIMENTAIRE
Sa chair est comestible mais pas considérée comme de grande valeur, surtout sur les gros spécimens.
En outre, comme pour tous les prédateurs, et parce qu'il se nourrit aussi de sédiments et d'animaux filtreurs, sa chair peut être polluée par des pesticides, des organochlorés tels que les PCB et divers métaux lourds (plomb, mercure, arsenic, chrome....ect) voire de radionucléides.
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